Le grand jardin agroécologique des femmes

2018-2019

Naissance et mise en place d’un grand jardin maraîcher agroécologique de près de 10 000 m2 où travaillent quelques 60 femmes et 10 hommes
Il est installé sur un site destiné au développement d’une « école des mains » (formation technique professionnelle) à Nioko II en périphérie de Ouagadougou. Ce terrain appartient à Souleymane Nikiema fondateur de l’école solidaire de Paas Yam située non loin de là.

Naissance du projet

Suite à l’expérience très positive du jardin pédagogique (900 m2) développé depuis 2016/2017 sur le site de l’école solidaire Paas Yam et à la collaboration nouée avec Béo-Neere Agroécologie est née l’idée de développer un jardin maraîcher agroécologique beaucoup plus grand (près de 10 000 m2) sur le site de la future école des mains.
Voir notre article : Un jardin pédagogique agroécologique pour Paas Yam

Ce jardin permettrait de répondre à deux objectifs : donner du travail et des revenus aux femmes organisées en association locale et dégager des moyens financiers pour alimenter le budget de fonctionnement de la future école des mains
Début 2018, ce jardin maraîcher était prévu pour 30 femmes, mais l’engouement a été tel que ce sont 60 femmes et 10 hommes regroupés en association qui cultivent chacun 4 planches (soit un lot d’environ 60 m2).

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En mai 2018 un comité de gestion a été constitué et un règlement intérieur a été défini et signé
Il prévoit qu’après un an ou deux de rodage, 40% de la production sera provisionnée pour le financement des futures classes d’apprentissage, les 60% restant revenant aux femmes (et aux hommes) qui travailleront dans cet espace.
Pour voir (en Pdf) : le Règlement intérieur du grand jardin agroécologique

Les cultures se font sous la conduite de formateurs en agroécologie : Souleymane Bélemgnégré et son fils Razack, coordinateurs de Béo-Neere Agroécologie. Pascal Zabré, qui a suivi toutes les formations au jardin de l’école Paas Yam et est en passe de devenir formateur endogène pour Beo-Neere, assure le suivi régulier des activités comme responsable formation du comité de gestion.
Voir notre article sur notre site BurkinaDoc : Beo-Neere Agroécologie

La mise en place

Les travaux se sont déroulés entre août et novembre 2018, financés par Mil’Ecole et ses partenaires : l’Agence de l’eau Rhin Meuse, La Région Grand Est, UEM-Metz, SIEGVO

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Un forage qui a été confié à la société TEMFOR (déjà opératrice du forage de l’école Paas Yam) a été réalisé courant juillet 2018
A partir d’août, le forage ayant été positif :
La fin des travaux sur l’abri du gardien,
L’édification d’un réservoir avec pompe solaire,
La clôture du périmètre maraîcher (près de 400 m),
La construction de latrines
Un bâtiment pour l’entreposage du matériel et réunions
Une personne, avec sa famille, est désormais affectée au gardiennage du site

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Une première session de formation en agroécologie a pu se tenir dès fin septembre 2018 sur 4 jours (sur le site du jardin agroécolgique de l’école Paas Yam) et une seconde session destinée à l’aménagement du périmètre a eu lieu fin octobre, dès que la clôture a été terminée.

Mil’Ecole a pu réceptionner ces travaux lors du voyage d’automne 2018
En février 2019 les premières récoltes sont là !

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Les perspectives

Durant cette année 2019, divers projets seront menés pour consolider les acquis de cette première étape :

Une formation de 5 jours, assurée par Béo-neere Agroécologie doit déboucher sur une certification bio délivrée par le CNAbio
Voir notre article sur notre site BurkinaDoc : CNABio, Conseil National de l’Agriculture Biologique
Ceci permettra l’ouverture vers des points de ventes bio dans Ouagadougou

Une formation de 6 jours, assurée cette fois encore par Beo-Neere Agroécologie doit initier les intervenants sur le site pour les cultures d’hivernage (saison des pluies) et l’utilisation de fertilisateurs naturels (microorganismes efficaces), association et rotation des cultures, lutte contre les ravageur

Mil’Ecole va acquérir, pour le compte du comité de gestion, un tricycle motorisé afin de faciliter le transport des éléments nécessaires au compostage
Il a aussi été décidé de financer une signalétique (pancartes) indiquant depuis la route de Loumbila la localisation du jardin et l’existence d’un point de vente de produits bio

Il est aussi prévu de co-financer l’édification d’un kiosque pour la vente sur le site et permettre aux femmes d’organiser une petite restauration-buvette pour les personnes intervenant sur le site et les visiteurs.

Le jardin est encore en rodage

Il leur faudra gérer l’achat des ingrédients pour le compost, des semences tant qu’ils ne les produisent pas eux-mêmes. L’approvisionnement en eau doit être encore optimisé.
C’est un grand départ mais les compétences sont à améliorer, savoir choisir les cultures en fonction des saisons, en fonction de la demande…