Nos journées à « Svetlana » l’école maternelle de Paas Yam,  vidéos et récit

Octobre 2015 et février 2016 

Paas Yam, une « école solidaire » créée par Souleymane Nikiema dans la périphérie de Ouagadougou,  est l’un des 4 sites d’intervention de Mil’Ecole. On y intervient avec d’autres associations (Oxygène, Manef’Yam, les Chérubins de Ouaga).
En 2015 on y a financé des locaux scolaires -3 classes- avec l’appui de Serge RAMON, ce qui a permis l’ouverture en octobre du Centre d’Eveil et d’Education Préscolaire « Svetlana ». On y organise des chantiers de peinture avec Pierre ALLIOT. Pascal SALMON y gère un programme de parrainage.

Février 2016

Quatre mois après son ouverture, Mil’Ecole a rendu visite à la maternelle « Svetlana ». Les enfants ont bien évolué grâce au savoir faire des 5 monitrices Vanessa, Caroline, Françoise, Zénabo et Salamata. Et les bâtiments se sont embellis grâce à Pierre et son équipe d’apprentis peintres



Octobre 2015

Mil’Ecole s’y est rendu pour visiter l’école mais aussi pour mettre en place les parrainages des enfants vulnérables : une journée en immersion avec les enfants et les monitrices de cette toute nouvelle classe maternelle.


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RECIT de CORINNE et PASCAL
octobre 2015

Présentation de l’école

La cour est belle, assez grande, sécurisée par un grillage et un muret qui empêchent aussi bien les petits de s’échapper que les grands de rentrer : des jeux extérieurs colorés, un bac à sable ombragé, des balançoires, des toboggans, tout un ensemble qui rend le lieu très agréable.
Cela peut paraître anodin pour une classe maternelle mais n’oublions pas que nous sommes à Nyoko II, un quartier très défavorisé de Ouagadougou, et que les structures accueillant des enfants en bas âge sont peu nombreuses au Burkina Faso.

Vanessa, Caroline, Françoise, Zénabo et Salamata sont les 5 monitrices qui gèrent le CEEP : elles sont titulaires ou stagiaires, et ici, les enfants les appellent « tantie ».

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Déroulement de la journée

Les activités de la classe débutent à 8h pour finir vers 11h30 mais les enfants sont accueillis à partir de 6h30 le matin, un aménagement horaire essentiel pour permettre aux parents, aux mères célibataires, aux tuteurs de vaquer sereinement à des occupations rémunératrices. Sur les 50 élèves présents ce matin là, une vingtaine sont des OEV (orphelins ou enfants vulnérables).

A notre arrivée, les élèves sont déjà installés, la classe est calme, les petits sont assis en rond sur des chaises, d’autres sur une natte déployée au milieu de la classe, plusieurs sont souffrants, crise de paludisme de toute évidence, et somnolent au milieu du groupe.
Vanessa, l’institutrice responsable de la CEEP, fait l’appel et chacun tente de reconnaître son nom prononcé en Français, lève la main et répond comme il peut : « Présent ! ». C’est souvent le premier contact pour ces petits avec cette langue étrangère, qu’ils vont devoir apprivoiser durant toute leur scolarité.


La vidéo


La leçon du jour, la couleur rouge.

Vanessa explique, les questions fusent, les enfants répondent, répètent, ânonnent, roulent délicieusement le « r » du mot « rouge », et montrent, partout où ils la voient, la fameuse couleur rouge. On récite une comptine, on chante une chanson, les enfants sont sages, attentifs et les monitrices mènent de main de maître cette petite troupe. Le seul couac de la journée viendra de l’espiègle Mickael, qui à la question cruciale « De quelle couleur est la tomate ? » il répond fièrement « Verte ! ». Il n’avait pas vraiment tort, ici on les mange plus souvent vertes. La séquence aurait dû se prolonger par une activité de dessin et de coloriage mais les petites tables de la classe maternelle ne sont toujours pas arrivées et du coup, les petits sont invités à sortir jouer dans la cour.

Le goûter-repas

Pendant ce temps, les monitrices préparent le goûter de la classe, bien plus qu’un goûter d’ailleurs, car chaque enfant aura droit à une demi-baguette de pain farcie de poisson aux aromates. Un vrai délice, nous y avons eu droit aussi! Cette collation constitue pour un enfant de cet âge un véritable repas et celui qui ne finit pas, range soigneusement les restes dans son sac, sa poche, pour un frère, une sœur ou tout simplement pour plus tard.
Ce « goûter » coûte à l’école 100 francs CFA soit environ 15ct d’euro et faute de moyens, toutes les familles n’ont pas pu acquitter cette somme. Actuellement, c’est grâce aux parrainages que chaque enfant est assuré de recevoir un repas par jour, pas toujours aussi varié que le souhaiteraient les monitrices : demain, ce sera bouillie de riz au lait.

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La matinée touche à sa fin à Paas Yam, il fait très chaud, 38 degrés, les enfants reçoivent à boire dans la cour, les malades ont droit à un médicament pour calmer la fièvre, les autres jouent à l’ombre du Caïcedrat et tous attendent avec impatience « l’heure des mamans ».
Tout doucement la cour se vide, chacun regagne son domicile, cela peut prendre encore plus d’une heure avant que tous soient pris en charge par un parent, un frère ou une sœur.


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Voilà de quelle manière se déroule une journée de classe dans la toute nouvelle école maternelle de Paas Yam. Un cadre agréable, une équipe d’institutrices charmantes et attentives et des enfants si attachants qu’on ne se dit qu’une seule chose, vivement la prochaine journée à Paas Yam !
Récit de Corinne et Pascal, novembre 2015

Voir aussi  notre article :
Parrainer des enfants avec Mil’Ecole
où l’on peut voir 3 vidéos qui présentent les 20 enfants parrainés de la première rentrée 2015.