Formation à l’épargne et en microcrédit internes, le dispositif SECCA

 

Une expérience positive en milieu rural burkinabè

Après 4 ans d’intervention sur le village de Ouoro auprès de groupements de femmes (Voir nos articles : Ouoro), est apparu une demande de formation en microcrédit ce qui allait tout-à-fait dans le sens de développer leur autonomie.
Sur les conseils de David Luther SANOU, conseiller en développement rural (Dezly consulting), nous nous sommes orientés vers le dispositif SECCA et avons été mis en relation avec un formateur spécialisé qui a beaucoup travaillé avec l’OCADES à Koudougou, M. Joseph BADOLO.

Il est à noter que Mil’Ecole n’est intervenue que pour payer le formateur et les kits matériels du démarrage. Il n’y a eu aucun apport de l’association pour l’épargne.

Bilan à mi-parcours du dispositif au village de Ouoro

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En octobre 2018

Les six groupements ont des groupes (de 13 à 30 femmes) engagés dans le dispositif SECCA (les deux derniers avec retard, ils commencent à épargner)
La formation pour chaque groupe dure 1 an. Ceux-ci se réunissent une fois par semaine et chaque membre cotise 25 FCFA (selon leur choix) pour constituer leur épargne.
Les quatre groupes engagés depuis mai font correctement circuler l’épargne (le nombre de prêts en cours est souvent proche du nombre de membres)

Ainsi en 6 mois de pratique le groupe « Microcrédit » du groupement Neb la Naam qui a 30 membres a pu épargner un montant de 367 950 FCFA (561 €) qui s’est grossi petit à petit de 44 425 FCFA (67,80 €) d’intérêts des prêts précédents
A ce jour (octobre) chacune des femmes a un prêt en cours ce qui correspond à 410 000 FCFA sortis (cela donne un peu plus de 13 000 FCFA par femme)
Une petite part de l’épargne est mise de côté en tant que « fonds social » prémices d’un fonds d’urgence, (sécurité sociale)

Voir en pdf : Le tableau des données de l’ensemble des groupes en formation « Microcrédit »

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Les prêts des différents groupes ont été utilisés pour des activités de transformation (achat de matières premières pour transformation du karité ou du soumbala, sésame, dolo, arachides, jus divers…), petite restauration (beignets, farine, gâteaux et galettes), petit commerce (charbon de bois, savon, cola, stockage amandes de karité, gombo, poisson fumé…).

Qu’est-ce que le dispositif SECCA ?
C’est une Communauté d’épargne et de crédit interne.

Se constitue un groupe de 15 à 30 personnes qui souhaitent épargner.
Le groupe se dote de statuts et de dirigeants.
Le groupe se réunit chaque semaine et les membres cotisent lors de ces réunions (25 FCFA par personne en général) : l’argent est versé dans un fonds commun à partir duquel les membres peuvent faire des emprunts avec intérêts, le tout soigneusement noté dans un cahier
L’argent est conservé dans une caisse fermée à l’aide de 3 cadenas : la caisse et les clefs du cadenas sont confiés à des membres différents du groupe.
Une seconde caisse peut servir aux fonds d’urgence.

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La durée du dispositif est d’un an : au terme de l’année, les membres peuvent se partager l’argent, l’épargne aura été valorisée en fonction de la dynamique des prêts.

Les avantages du dispositif SECCA

De l’argent est épargné en lieu sûr
Les membres ont accès à des crédits pour des projets de leur choix et aussi à des aides d’urgence
Le système renforce les liens sociaux et l’entr’aide

La mise en œuvre du dispositif SECCA

Une phase de sensibilisation d’une durée de 8/9 semaines pour expliquer le dispositif et constituer les groupes et la base de l’épargne.
L’acquisition d’un kit pour chaque groupe : une caisse, trois cadenas, un cahier, des stylos, deux sacs pour séparer les fonds (épargne et aide d’urgence), une règle et une calculatrice.
Un suivi régulier les trois premiers mois pour permettre aux groupes de mener les opérations d’épargne et de crédit