Comptes rendus des formations agricoles et autres – 2018 – dans le village de OUORO

 Quatrième année du programme d’aide au développement
Suite au Programme triénnal 2015 – 2017 

Voir nos comptes rendus de formations agricoles des années précédentes :
2015–Année I    et   2016–Année II    et   2017–Année III
Et aussi :
Des projets agricoles pour OUORO… Une démarche partagée et négociée  (projets  en cours 2013-2017)

2018, une double priorité : répondre à une situation d’urgence, consolider les acquis du plan triénnal en développant les compétences des groupements et en élargissant notre périmètre d’action

Répondre à une situation d’urgence

L’urgence, c’est celle créé par les conditions météorologiques de l’hivernage 2017 : pluies insuffisantes (fin des pluies début septembre) et irrégulières (poches de sécheresse importantes en juillet et en aout).
Résultat : des récoltes notoirement insuffisantes et la prise de conscience très claire des populations (dès nos rencontres de novembre 2017) que la « soudure » allait se traduire par une disette annoncée.

Comparaison de champs d’arachides en 2017 avec 2016

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Comparaison d’épis de sorgho en 2017 avec 2016

Avec le soutien financier de Mil’Ecole, nos correspondants Alphonse SAMA et Paul BAMOGO ont pu organiser l’acquisition d’un stock alimentaire d’urgence dès le mois de décembre (avant la spéculation). Du maïs (20 tonnes) a été acheté, acheminé et conditionné au village dans des magasins clos et surveillés.
En février 2018, lors des rencontres de Mil’Ecole avec les groupements de femmes, elles ont décidé d’attendre les premières pluies, c’est à dire la période de la reprise des travaux agricoles, pour mettre en vente à un prix social ce stock d’urgence (donc aux alentours de mai-juin 2018)

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Il reste encore à fixer les conditions de cette vente à prix social :

  • Le prix sera de toute façon inférieur au prix d’acquisition pour rendre possible l’accès à la nourriture pour le plus grand nombre ;
  • Il a aussi été décidé que ces céréales pourraient être vendues au détail (au « plat », le sac de 50kg pouvant alors être trop cher). Une priorité serait donnée aux familles liées aux 6 groupements du village en lien avec Mil’Ecole. Cependant l’accès à ces céréales sera aussi possible aux familles les plus démunies du village ;
  • Vendre au prix social, c’est aussi refuser d’enclencher une logique d’assistance qui pourrait démotiver les femmes et les populations locales dans la nécessaire reprise des travaux agricoles.

Élargir notre périmètre d’action
à
2 nouveaux groupements de femmes

Depuis le début de l’année 2017, deux nouveaux groupements féminins (Sougri Nooma et Wend La Konta) ont été associés aux différentes formations de la dernière année du plan triennal.
En ce début d’année 2018, nous avons tenu à les mettre au niveau des quatre autres groupements aidés :

  • En termes d’élevage solidaire : chacun des deux nouveaux groupements a reçu en dotation 2 lots de poules et 2 lots de chèvres, ainsi que le matériel lié à ce type d’élevage (grillage, mangeoires et abreuvoirs)
  • En termes de petit matériel agricole, ils ont également été doté d’outillage de base (pelles, pioches, brouette, charrues, ânes, charrettes) : avec le même engagement, pour les charrettes, que les autres groupements (à savoir une participation de 20% en autofinancement)
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Développer et élargir les compétences des groupements

Action1
Cours d’alphabétisation

Il s’agissait d’une demande forte des groupements féminins. A nos yeux, c’est un dispositif décisif dans la recherche d’une autonomisation croissante des groupements : savoir lire et écrire.
L’alphabétisation des adultes ne sachant pas du tout le français se fait en langue nationale (mooré).
Elle leur permettra de gérer leurs cahiers de comptes et de pouvoir envisager une gestion saine et raisonnée de leurs activités.

Les résultats officiels de cette 1ère année de cours : 100% de réussite aux tests, validés par le MENA ( Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation) Voir notre article :
Cours d’Alphabétisation à Ouoro (2017-2019)

Action 2
Formation aux techniques de vente et marketing
Janvier 2018

Initialement prévue fin 2017, cette formation est destinée à rendre plus efficace les différentes activités génératrices de revenus (AGR) mises en place en 2016 et 2017 (fabrications de soumbala, gâteaux de sésame, huiles d’arachide et de sésame, gonré…) : ne pas se contenter de vendre ces produits au marché local où tout le monde vend les mêmes.
Lors de nos rencontres de février, les groupements de femmes se sont montrés satisfaits de cette formation dans ses aspects les plus concrets : recherche de clients et présentation des produits. Il semble bien, au moins en ce qui concerne le soumbala, que pour les deux groupements impliqués, la formation ait porté des fruits…
Pour les autres activités cependant, en raison de la faiblesse des récoltes en haricots, arachides et sésame, il faudra attendre l’an prochain pour évaluer les effets de cette formation

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Action 3
Transformation du karité (beurre et savon)
Mars 2018

Elle aussi était initialement prévue fin 2017. Cette formation est destinée à diversifier les activités génératrices de revenus pratiquées au village par les groupements féminins.
Si l’on en juge la joie manifestée par les femmes à l’issue de la formation, l’accueil a été très favorable…D’autant plus que les responsables de la formation sont issues de Koudougou (ville proche) et qu’elles y animent une association commercialisant du beurre de karité vers laquelle les femmes de Ouoro pourraient trouver à écouler une partie de leurs productions.

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Réflexions sur la répartition des lots de matériels acquis par les groupements
pour la fabrication de soumbala et du karité.

Ces lots sont importants. Les 2 lots de matériels, fournis par Mil’Ecole, nécessaires à la transformation des amandes de karité et à la fabrication du savon seront en dépôt auprès de deux groupements : tables de séchage, cuvettes, moules, seaux, barriques, chaudrons, balance, cuillers, calebasses…
Les 4 premiers groupements féminins (avec lesquels Mil’Ecole a commencé à travailler) seront ainsi équipés, 2 groupements ayant déjà chacun un lot de matériel pour le soumbala depuis décembre 2016.
Il est à rappeler que chaque groupement compte 50 à 70 femmes !
En principe ces lots sont à la disposition des autres groupements à la demande et sous forme de prêt gratuit de matériel, mais – de fait – il s’avère difficile de les transporter.
De plus, dans les réflexions que nous menons avec nos correspondants et les groupements, nous restons aussi prudents et attentifs aux capacités des groupements à vendre les produits transformés.

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2 lots de matériel pour la fabrication du soumbala

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2 lots de matériel pour la fabrication du beurre et savon de karité

Ainsi chaque groupement se spécialiserait dans telle ou telle activité pour une meilleure diversité de production faite au village à écouler.
On se donne un temps de réflexion pour le choix de l’activité à développer par les 2 nouveaux groupements féminins.

Actions 4
Acquisition pour expérimentation de houes manga femmes

En novembre 2017 des femmes avaient pointé le manque d’outillage pour labourer leur champ. Mais lors des premières pluies, tout le monde au village a besoin en même temps de labourer et, de tradition, ce sont les hommes qui s’octroient en priorité les charrues et les ânes quand il y en a… Ânes et charrues sont trop chers pour imaginer en équiper chaque individu…

Lors de notre visite à Wend Panga de Kokologo (centre de formation Forge et soudure), nous avons trouvé un outil qu’ils fabriquent : la houe manga femme.
Même si elle n’est pas aussi efficace que la charrue attelée, la houe manga femme semblerait alléger notoirement le travail fait à la daba
Cet outil, manuel, est beaucoup plus abordable (8 000 Fcfa) qu’une charrue classique (35 à 45 000 Fcfa) qui demande en plus un âne pour la tirer.
Nous en avons acquis 6, une par groupement, qui vont l’expérimenter à la saison à venir.

Si l’essai est concluant, nous pourrions envisager -vu son prix- d’élargir cette dotation avec une logique de co-financement.

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Sensibilisation aux questions relatives à la population et aux grossesses précoces
Sur Ouoro et les villages alentours, Sourgou, Là, Rogho et Guirgo

En collaboration avec Jean-Loup MAHIEU, un de nos membres très sensible à l’impact de la pression démographique sur le développement, nous avons demandé à Paul BAMOGO et Alphonse SAMA, nos correspondants qui sont aussi des enseignants, de définir une action pédagogique centrée sur la prévention des grossesses précoces, en collaboration avec les agents de santé.
Ils ont conçu un programme d’interventions de géographes et d’agents de santé pour sensibiliser à la fois les lycéens et les collégiens dans leurs établissements de Sourgou et Guirgo et le grand public dans 4 villages : Ouoro, Sourgou, Là et Rogho
Voir dans notre article l’élaboration du projet et le Rapport d’activité de Paul Bamogo
Sensibilisation aux problèmes de population dans les villages de Ouoro, Sourgou, Guirgo, Là et Rogho (Mars-avril-mai 2018)

Actions à venir au cours de l’année 2018 :

  • Consolidation des compétences en agriculture de conservation (compost, épandages, demi-lunes et zaï), avec le concours de l’APAD-Sanguié
  • Initiation à la fabrication de foyers améliorés avec l’association TIIPALGA
  • Suivi des formations et de la commercialisation locale des productions (DEZLY)
  • Formation cadrant les pratiques de microcrédit au sein des groupement (DEZLY)
  • Second transfert solidaire de volailles et dotation complémentaire (fin d’année 2018)